Entrez dans la danse des manufacturières

Article paru dans Ouest France, 1 juillet 2017entrez-dans-la-danse-des-manufacturieres_0

Après l’incendie puis la fermeture de la Manu, l’histoire du lieu se poursuit. Les chorégraphes Isabelle Couffin et Blanche Jandin retrouvent et partagent les gestes des ouvrières.

L’initiative

L’histoire a commencé il y a 5 ans. Isabelle Couffin, directrice de l’école de danse Entrechats, entreprend un travail de mémoire sur la Manu. « Je ne connaissais rien de cet endroit avant d’y installer le studio en 2008. C’était un lieu complètement vide, cela faisait écho à l’effervescence passée. Aujourd’hui c’est encore vide, mais tellement rempli de l’intérieur ».

A débuté un long travail de collectage, qui se poursuit encore aujourd’hui. Une rencontre avec des anciens, le témoignage de personnes extérieures puis des interventions dans une classe de CE2 de Notre-Dame de Lourdes. « Pour que les enfants se réapproprient l’histoire ».

Bruits de machines

Celle d’une époque qu’ils n’ont pas connue, que leurs parents et grands parents ont pu leur raconter, et qui fait désormais partie du patrimoine morlaisien. Quant aux gestes presque ancestraux, propres à un ou plusieurs métiers, ils sont de l’ordre du patrimoine immatériel. Celui que les chorégraphes veulent transmettre au public.

Les premières recherches d’Isabelle Couffin avaient abouti en 2013 sur une pièce pour danseurs. Ce qu’elle veut faire aujourd’hui, avec Blanche Jandin, en service civique sur ce projet précis, est un peu différent. « On apprend à ceux qui le souhaitent, enfants, adultes, une phrase simple et courte, pour une danse chorale, et une performance dimanche 17 septembre, pour les Journées du patrimoine ». Sur fond de bruits de machines et de la lecture d’un poème écrit par un ancien ouvrier, après l’incendie de 1995.

Isabelle et Blanche invitent tous ceux qui souhaitent participer au projet à venir à la Manu ce dimanche 2 juillet à 16 h. Une deuxième « formation » aura lieu le dimanche précédant l’événement, le 10 septembre. « Il ne faut pas laisser cette mémoire s’échapper. Si on ne le fait pas maintenant, ce sera fini ».

Contact : Blanche au 06 02 13 82 07.